Histoire de la fève.

L’histoire de la fève commence avec la fève (légume) : dans les temps préhistoriques, celle-ci était consommée et utilisée comme engrais. Elle a un rôle important dans les rites antiques à cause de sa forme embryonnaire. Symbolisant le fœtus chez les anciens égyptiens, ces derniers enterraient leurs morts dans des champs de fèves en vue d’une réincarnation. C’est le symbole de vie qui reste au Moyen Âge et la fève est utilisée dans les mariages.

Elle sert aussi de jeton de vote, fonction qui commença chez les Grecs qui se servaient de fèves noires et blanches pour décider de l’acquittement ou de la condamnation. C’est lorsque l’Église décide de s’imposer, pour cesser les célébrations païennes que l’épiphanie apparaît. Mais La coutume du gâteau traditionnel ne se répand réellement que durant le XVe siècle.

Le gâteau et la fève figurent parmi les redevances dues au voyer de Paris au XIIIe siècle, mais elle existait déjà. Plus tard on mange un gâteau contenant une fève noire (le roi) et une fève blanche (la reine).

La fête des rois faillit être interdite sous la Convention car à l’époque, elle portait le nom de la fête des sans-culotte ; le gâteau fut donc rebaptisé le gâteau de l’égalité. En 1793, le maire de Paris eut beau interdire aux pâtissiers la fabrication de ce gâteau, celle-ci continua tout de même.

La première fève en porcelaine fut fabriquée en 1874 en Allemagne sous forme de baigneur. C’est seulement à partir de 1892 jusqu’au XXe siècle que les thèmes se diversifient : on découvre des fèves avec des thèmes représentatifs de l’époque. Les thèmes religieux apparaissent, tels les crèches, Jésus, les anges, les colombes, puis laissent peu à peu leur place à la royauté et aux porte-bonheur.

 

 

Dans les années 1960 sont apparues des fèves en matière plastique puis dans les années 1980-1990, les fèves métalliques, principalement dorées (dont certaines à l’or fin). Cependant, le chauffage des galettes dans les fours à micro-ondes a entraîné certains déboires et les fèves métalliques ont presque entièrement disparu.

À la fin des années 1980, les fèves en porcelaine sont revenues en force. C’est dans cette même période que l’ère du dessin animé et de la bande dessinée a commencé pour aujourd’hui envahir une grande partie du marché actuel de la fève.

Certains boulangers ou pâtissiers renommés ou non, ont alors eu l’idée de fabriquer leurs propres fèves personnalisées.

La fève est tout d’abord esquissée sur du papier puis sculpté à la main à partir d’une boule d’argile. Le modèle ainsi obtenu est ensuite coulé dans le plâtre où il laissera, après un séchage de plusieurs heures, son empreinte afin de réaliser le moule». L’empreinte du modèle ainsi obtenu est ensuite reproduite plusieurs fois pour former les moules dans lesquelles, le faïencier versera de l’argile liquide, et viendra estamper la forme à partir d’une boule d’argile.

Au bout de plusieurs heures la matière est sèche et l’on peut alors délicatement démouler les petits sujets. Chaque pièce est épongée et débarrassée de toutes les petites irrégularités.

Les fèves sont alors disposées dans un grand four pour une première cuisson qui approchera les mille degrés et durera près de vingt heures, et alignées par modèle sur de grandes plaques, elles sont désormais prêtes à être colorées.

 

 

Les fèves passent alors dans les mains des décorateurs qui réaliseront les surfaces de couleur uniforme de nuance pour donner la teinte dominante à la figurine, et équipés de fins pinceaux, dessineront les motifs et souligneront les reliefs.

Une fois décorées, les fèves sont vaporisées d’une fine couche d’émail. Cette matière, après la deuxième cuisson à quelques mille degrés, donnera leur aspect brillant aux fèves et, surtout, fixera les couleurs de manière à ce qu’elle ne s’abîme pas : c’est l’étape de vitrification.

Après création, dessin et mise au point du décor, celui-ci est imprimé sur un papier spécial recevant les pigments colorés fait de mélange de matières minérales et transféré à la main sur la fève par l’intermédiaire d’un vernis servant de support au motif.

Une troisième cuisson est alors nécessaire pour fixer les décors sur l’émail. Après un jour complet au four, les fèves ressortent étincelantes et prêtes, pour certaines, à être ensachées et livrées aux boulangers et pâtissiers.

La plupart …. Mais pas toutes, car certaines seront rehaussées à l’or fin au pinceau. D’abord couleur caramel, la teinte précieuse et éclatante du métal se révélera après une dernière cuisson : c’est le feu d’or.